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mercredi 7 juillet 2021

The Time is Stretching


Depuis Guérilla Fantôme en Décembre 2016, La Dernière Mesure n'a plus livré aucun disque et les concerts se sont fait rares. Le seul morceau réalisé "en mode DM" depuis cette époque, c'est La Transe du Transsibérien qui a vu le jour fin 2018. D'abord publié sur la page soundcloud de Zuunzug (mon nouveau projet musical), il est maintenant disponible sur le premier 4-titres de ZZ : The Time is Stretching.

Vous pouvez vous le procurer sur la page bandcamp du groupe : The Time is Stretching by Zuunzug. C'est la première trace discographique de La DM depuis près de cinq ans et il n'y a pour l'heure rien d'autre de prévu à l'horizon, le groupe est en stand-by depuis un moment mais qui sait s'il ne sortira pas un jour de son long sommeil... 

Salut à tous ! 

Manu / La Dernière Mesure 

dimanche 6 janvier 2019

La Transe du Transsibérien

Le premier enregistrement de La DM depuis deux ans et l'album "Guérilla Fantôme"!

Le texte de "La Transe du Transsibérien" a été écrit entre le 16 et le 20 Juin 2017 durant le voyage de plus de cent heures entre Oulan-Bator et Moscou.



La Transe du Transsibérien : 

À la mère ferroviaire, nous sommes tes enfants
sortis d’entre tes rails, nous allons constamment
traversant des villages, sillonnant des pays
le paradis n’est nulle part, le paradis est ici
preneurs de wagons-lits, avaleurs de lunes
nomades des caravanes ayant perdu fortune
grands enfants sans attache, autre que le détachement
sans vraie destination, juste voyageurs, errants
au matin les cafés, à l’eau du samovar
des villes en cyrillique sur le fronton des gares
des gamins égarés et des chiens solitaires
sur les quais couleur craie des cités ouvrières
abords de Krasnoïarsk, le train tousse et s’arrête
des silhouettes fatiguées descendent de leurs couchettes
tous les visages du monde qui s’éveillent et baillent
figurants de la vieille et grande histoire du rail

À la mère ferroviaire qui nous mène des montagnes
à la mer éternelle, des villes à la campagne
ta couleur est la nôtre, celle de la Terre entière
quand tes serpents géants nous raccordent à nos frères
sur des sillons de fer éventrant les terres brunes
les champs, les vallées blondes éclairées par la lune
la nuit vient quand elle veut, le tempo a changé
même si la loco suit son rythme régulier
en roulant à travers les dimensions du temps
et ces faisceaux horaires foutus arbitrairement
inévitablement, nous prendrons l’horizon
ses rivages, ses forêts, ses isbas, ses saisons
fusion des sentiments dans cette grande somnolence
et ça pourrait durer autant que dure l’existence
c’est la grande traversée, l’Age de Sibérie
il faut le temps mais un jour nous sortirons d’ici

À la mère ferroviaire, pas à la mère patrie
ne priez pas pour nous, nous ne partons pas en guerre
à nos frères sur les rails, tous ceux qui sont partis
parcourir des sentiers, pas conquérir la Terre
À la mère ferroviaire, pas à la mère patrie
ne priez pas pour nous, nous ne partons pas en guerre
à nos sœurs sur les rails, toutes celles qui sont parties
parcourir des sentiers, pas conquérir la Terre

De vieilles Lada bleues derrière des barrières de bois
des survêts Adidas 1983
la mode féminine bloquée sur Samantha Fox
et les couleurs criardes dans les cimetières orthodoxes
les usines de l’ex-URSS à l’abandon
bouffées par la taïga ou la défaite du béton
non loin de là, les marécages ont fait leur place
pas un homme qui vive, non rien qu’un train qui passe
tout ça et bien plus s’offre à nous sur le parcours
la transe du transsibérien puisse-t-elle durer toujours
ces paysages jetés en pâtures à nos regards
quand tu parcours le monde, tu sais qu’il reste de l’espoir
dans ces vieilles gares, sur ces sentiers sinueux
et plus ça vaudra le coup, plus ce sera aventureux
quitte à se brûler les yeux et quant à finir saoul
ce n’est plus une option, c’est la vie et c’est tout

À la mère ferroviaire, pas à la mère patrie
ne priez pas pour nous, nous ne partons pas en guerre
à nos sœurs sur les rails, toutes celles qui sont parties
parcourir des sentiers, pas conquérir la Terre
À la mère ferroviaire, pas à la mère patrie
ne priez pas pour nous, nous ne partons pas en guerre
à nos frères sur les rails, tous ceux qui sont partis
parcourir des sentiers, pas conquérir la Terre

Sillonnant l’Est en provenance des steppes arides
où rien ne pousse, des dunes de sable jaune
nous pénétrons maintenant en territoire humide
avant de réintégrer, bientôt, pour de bon la zone
les bâtiments mangent petit à petit la terre
se regroupent et font barrage comme une frontière
on remue la poussière depuis des jours maintenant
le wagon transformé en grand appartement
en auberge espagnole, des russes, des hollandais
des belges, des mongols, des chinois, des français
toutes les langues sont parlées, surtout celles sans paroles
celles des signes, celles des gestes, celles de l’alcool
et la vodka voisine avec cafés, thés noirs
dans les compartiments, personne au wagon-bar
ça sort dans les couloirs, ça attend les arrêts
ça achète tout un tas de curiosités sur les quais

C’est encore un monde à part, c’est un ailleurs
aujourd’hui dans le brouillard, demain dans la chaleur
dans des décors kitsch ou dans des villes nouvelles
des cathédrales, des yourtes, des gratte-ciels
un soleil soviétique se couche sur l’horizon
se cache et laisse la nuit gérer nos émotions
malade de passion, des fois le corps gémit
rage de dents, lumbago, épuisement, insomnie
mais le monde s’ouvre à nous, le ciel peut attendre
on fait fi des nombreuses conneries qu’on peut entendre
à rester hors du cadre, on s’attire les foudres
et on sait que tout un tas de bureaucrates veulent nous dissoudre
dans la paperasse, dans le travail et l’effort
pour trois mots de travers, nous retirer nos passeports
tout le monde est à son poste, le nôtre est mouvant
même allongés nous restons en mouvement

À la mère ferroviaire, pas à la mère patrie
ne priez pas pour nous, nous ne partons pas en guerre
à nos frères sur les rails, tous ceux qui sont partis
parcourir des sentiers, pas conquérir la Terre
À la mère ferroviaire, pas à la mère patrie
ne priez pas pour nous, nous ne partons pas en guerre
à nos sœurs sur les rails, toutes celles qui sont parties
parcourir des sentiers, pas conquérir la Terre

Dans un état second une bonne partie du temps
constamment pris dans la fièvre des événements
nous allons, c’est ici que nous sommes chez nous
la destination n’est qu’un prétexte après tout.

Manu (La DM/Zuunzug), 2017.

vendredi 16 mars 2018

Zuunzug

Hi there!

Donc La DM ne fout plus rien depuis un moment, c'est vrai, pas de concert depuis Novembre, pas de nouveaux morceaux depuis des plombes. C'est comme ça. Mais voilà pour ma part je n'ai pas chômé et je suis prêt à vous livrer la première démo de mon nouveau projet musical, Zuunzug, en attendant un probable (mais lent) réveil de La Dernière Mesure.
En ce qui concerne Zuunzug, pas de boom bap ni de gros textes vénères, c'est un projet presque intégralement instrumental créé à partir d'une MPC500 et d'un synthé Korg Monologue avec pour sources des montagnes de (free) jazz, de musiques expérimentales, de folk mongol, de bandes son, de films et j'en passe. Suite à mes récents voyages, je me sentais le besoin de restituer tout ça à ma manière, ça a donné un blog, en voici maintenant le paysage sonore...

 
Je précise qu'à l'heure actuelle tout est au stade de démo, il y a encore beaucoup de boulot mais j'avais envie d'envoyer du neuf! Bientôt d'autres boucles et d'autres "ambiances". 

@ +

Manu (pour La DM et Zuunzug!)


jeudi 6 avril 2017

La Dernière Mesure en stand-by!

"Nous entrerons dans la carrière quand nous aurons cassés la gueule à nos aînés!"

Grosse pause de La DM. On embarque le pack de 12 et la bouteille de sky, si y a des nouveaux sons ou des concerts dans les mois à venir ce sera purement accidentel! 
Les 3 albums sont en libre téléchargement sur la Page Bandcamp de La DM, sur laquelle tu peux aussi commander les albums en CDs (Les CDs... tu t'rappelles?), et y a encore quelques inédits sur notre Page Youtube
Une moitié du crew part explorer le grand Est, trop heureux de quitter le pays en pleine période électorale et de laisser aux citoyens éclairés le soin de mettre au pouvoir Rothschild Junior. On espère que le PS et l'UMP seront morts à notre retour, mais on sait que ni le FN ni la BAC ne le seront... 

On se quitte sur un petit son très sibérien :

lundi 5 décembre 2016

Guérilla Fantôme

11 ans après mon premier disque (Wakup : Train Fantôme, introuvable sauf si tu l’as chopé à l’époque) et près de 8 ans après la création de La Dernière Mesure, voici venir l’album 2.5 de La DM, à savoir «Guérilla Fantôme», A.K.A. le petit album rouge, un 10 titres réalisé en solo.

Par tradition (et parce qu’on n’a jamais eu de distributeur!) l’album ne sera dispo «officiellement» que pour la prochaine tournée, à savoir notre neuvième virée en Suisse, le 8 Décembre à St.Imier, le 9 à Bienne, le 10 à Genève et le 11 à… confirmer. (voir Back home!)

Pour l’heure, un seul morceau en éclaireur sur bandcamp, Marylou suite et fin , et il y en a un autre sur youtube, Pour l'amour du marché. Back de notre tournée triomphante, tout l’album sera en écoute sur bandcamp, et téléchargeable selon des modalités qui reste à définir!

Manu – La Dernière Mesure



samedi 24 septembre 2016

Rentrée, part.2

Les 7 et 8 Octobre, La DM reprend les concerts pour la saison 2016/2017, une année qui devrait voir la sortie de 1 voir 2 albums estampillés Dernière Mesure...

Si il y a une idée qui nous trotte dans la tête depuis un bon moment, c'est bien celle de réaliser un concept album. Le truc était là, dans nos réflexions depuis quelques années, et puis il y a eu un voyage aux États-Unis et au retour, un an d'écriture et de MPC dans mon coin tandis qu'avec Greg on avançait sur d'autres trucs et qu'on continuait à faire régulièrement des concerts. Il est sorti de tout ça, courant 2015, un 12 titres foutraque, mal enregistré et bordélique, mais qui allait donner la marche à suivre pour le futur album de La DM... Depuis, on revisite ces titres et on en crée d'autres, notre concept a un nom, et la ville (plus ou moins imaginaire) qui lui donne sa forme aussi : Sommerset.
On va balancer quelques morceaux petit à petit (il y en a déjà 2 sur la toile) et on va aussi les tester en live. Ça sortira pas avant mi-2017, mais c'est dans l'air...

Et avant? Avant il y aura un court album solo (8 morceaux + 2 interludes), un truc fait à l'ancienne avec une MPC, un logiciel sous licence libre et un micro, un disque punk avec des vrais morceaux de rap.
Il y en a peu qui le savent, mais ce sera mon deuxième album solo. Le premier est sorti en 2005 et à l'époque j'avais pour pseudo Wakup. Je n'avais pas particulièrement envie de faire le parallèle avec cette époque et cet album que "j'ai renié", mais sans m'en rendre compte j'ai nommé mon nouveau disque "Guérilla Fantôme" alors que le premier, celui de 2005, s'appelle... "Train Fantôme"! Ce doit être un signe...
Ce 10 titres est quasiment prêt, il n'a plus qu'à passer au mastering, et puis bon ensuite tout le bordel technique... J'ai bon espoir qu'il soit dispo pour début Décembre, et d'ici là j'en balancerai quelques extraits sur le net...

Une grosse année en perspective, donc. 

Manu – La Dernière Mesure

dimanche 10 juillet 2016

Naissance d'une ville

"Dans La Foire" - Nouvel extrait de "Sommerset" (à venir courant 2017) - 2/3





Les drapeaux à l’entrée seront des enseignes bientôt
On te donne, on te vend, on te drague sous le manteau
Dans la foire, des morts vivants qui friment
La ville n’est qu’un gigantesque laboratoire du crime

Et les zombies marchent sur la foire en costumes de frime
Tous consuméristes et on se demande à quoi ça rime
Ici on vend de tout, de la ritournelle à l’exception
Plus c’est beau, plus c’est cher, plus c’est cher, plus c’est bon
Les stands gras, les stands clinquants, les jeux d’argent
Les deux mains en avant et les yeux révulsés
Dès maintenant, puisque le plus jeune age est le mieux
Comme une école maternelle qui formerait des futurs PDGs
On n’a jamais vu ça, si, alors combien ça coûte?
C’est cher, j’hésite, s’il vous plaît ôtez moi d’un doute
J’en ai suffisamment, faute de repartir plus léger
Ou plus intelligent, je serais peut-être simplement moins gêné
Comme nager dans l’homogénéité
En homo sapiens sensé, fier de sa citoyenneté
On va faire marcher la foire, l’affaire et la patrie
Relancer la croissance est le plus grand des paris

Les drapeaux à l’entrée seront des enseignes bientôt
On te donne, on te vend, on te drague sous le manteau
Dans la foire, des morts vivants qui friment
La ville n’est qu’un gigantesque laboratoire du crime

Supermarché miné, pubs piégées à peine camouflées
Tout le monde accepte, se presse, connaît le prix à payer
Course de caddies dans l’allée des soldes, c’est la guerre
Pour se procurer la dernière paire de pompes passées de mode
Pour un Ipod on tue, ou presque, c’est la cohue
Vers les caisses où chacun fait chauffer sa carte bleue
C’est pas le compte des Cahuzac mais c’est pas grave
Faut bien se gaver des fois, oublier qu’on est des esclaves
Tout se vend ici, du grand complexe à son détail
Et si le gentil commercial s’est coiffé d’un chapeau de paille
Et a de la boue sous les pieds, c’est juste pour faire local
C’est toi qui lui cireras les pompes quand il repartira dans la capitale
Regarde ces bulldozers camouflés sous la bannière
Ils ont déjà tout planifié de ce qu’ils ne sont pas censés faire
C’est juste un défilé pavé de basses intentions
Mais les pieds dans la boue puisqu’ils vous prennent pour des cons

Les drapeaux à l’entrée seront des enseignes bientôt
On te donne, on te vend, on te drague sous le manteau
Dans la foire, des morts vivants qui friment
La ville n’est qu’un gigantesque laboratoire du crime

Tu n’y verras rien, le grand vide est translucide
Et dans quelques années ils seront parés pour le zombicide
Que crois-tu que tu décides quand tu votes pour le monarque
Qui a déjà établi des deals avec la plupart des marques
T’as eu ton échantillon, ta réduction pour le futur centre
En travers de la ville que les engins lourds éventrent
Les vitres tremblent et au loin les banderoles ont pris le vent
Il ne reste plus rien du petit univers d’avant
Les vampires ont tout vendu, acheté, revendu, racheté
Qui détient la plus grosse part, ça plus personne ne le sait
Ne reste que des impuissants épuisés par le labeur
Et des décideurs politiques qui de toute façon habitent ailleurs
Les liasses qui passent de main en main fleurent bon le pays profond
Combien en faudra t-il pour assouvir leur faim?
Au fond tout le monde s’en fout, tout ça s’est décidé
Y’a déjà un paquet d’années et ils ont tous collaboré

Les drapeaux à l’entrée seront des enseignes bientôt
On te donne, on te vend, on te drague sous le manteau
Dans la foire, des morts vivants qui friment
La ville n’est qu’un gigantesque laboratoire du crime

vendredi 19 février 2016

La Terre est bleue comme un keuf

"À L'Orage" - Nouveau morceau de La Dernière Mesure (1/3)


Les chiens bleus, boulevard occupé par la sûreté
Rues quadrillées par les Compagnies Réactionnaire
De Sécurité qui se les accaparent
Vis-tu dans un monde libre ou dans un pays occupé?
Cars remplis de manifestants arrêtés
Les grenades assassines sont déjà dégoupillées
Et ce n'est pas un hasard, toutes leurs forces sont de sortie
Mais sous les plaques d'égouts, les nôtres sont prêtes aussi
La Terre est bleue comme un keuf, tuméfiée comme après
Un coup de tonfa d'un fonctionnaire zélé
Les humains piétinés par les bottes des gardiens
De l'ordre inhumain établi par quelques-uns
La colère conseillère, plus aujourd’hui qu’hier
J’adhère et me joins aux flammes qui s’embrasent sur le boulevard
Derrière une barricade noire de caisses calcinées
Foulard noir sur le flair et paire de lunettes de plongée

La ville peut bien brûler, le temps est à l'orage
Plus question de reculer, le peuple dans les rues enrage
Et les flics courent affolés dans les rues en ébullition
Les plus passionnés d'entre nous parlent déjà de révolution

Instaure l’état d’urgence, on utilisera les largesses
De votre défense et vous rendra la politesse
Du même niveau de bassesse, si on pénètre chez vous
On saura se montrer efficace, il ne restera rien du tout
À lécher dans vos vitrines, les week-ends shopping, fringues
La raïa de types en haillons est devenue complètement dingue
Oui les gamins ont grandi, ensemble sur les pavés
Près de la misère sociale et loin de la rue des marchés
Les véhicules blindés, un cadeau de l’état
Se dressent en face de nous mais on s’attendait à ça
Et les arrière-salles s’ouvrent dans les pubs, les laboratoires
Si tu savais ce qu’on a en stock, tu crierais pas victoire
Dehors, le soleil se lève sur des cendres fumantes
De carcasses de caisses, de barricades brûlantes
Odeurs de fumées, de gasoil, de gaz lacrymogène
La nuit fut encore blanche et son issue incertaine
Quand la garde républicaine fait son entrée en jeu
En vain, rien ne saurait faire respecter le couvre-feu
Et les tirs des CRS filent comme des balles traçantes
Quelques fumigènes répondent aux grenades assourdissantes
Fendent le ciel gonflé d’un gris toxique
Le quartier est un champ de bataille mais n’appartient pas aux flics
Feu nourri dans la fournaise, la tension ne faiblit pas
Et fait naître la confusion chez ceux qui gagnent à chaque fois


samedi 6 février 2016

Série B

"Docteur Rimbaud" - 2016 solo Manu en face B


Docteur Rimbaud est au centre des névroses
Dans la cité numérique, ses milliards de métamorphoses
Il consulte, met les doigts sur les points névralgiques
Et rêve à une logique quand on lui dit qu'il n'y en a pas

Pourtant, il sent toujours venir les choses et
Sait débloquer les pensées même les plus ankylosées
Nul hasard dans la cité où tout se calcule
Il s'isole ou marche des heures quand il a besoin de prendre du recul

Le col en vrac, Arthur n'est pas psychiatre
Ni poète, juste un peu, solitaire et acariâtre
Un docteur des humeurs des zonards
qui ne consulte que la nuit tard, entre deux Johnnie Walker

Dans un éclairage tamisé, la baie vitrée
Donne sur le demi-sommeil d'une ville qui ne dort jamais
Les gens vont leur chemin, chantres du non-changement
Si les réacs n'étaient pas là, où en serions-nous maintenant?

Plus loin sûrement, finalement rien n'est moderne
Malgré ce qu'on prétend, nous sommes à peine sortis de la caverne
Le vide, le vent, gouverne, n'amène aucune réponse
Et on alterne entre les caresses des roses et des ronces

Les railleries vont bon train envers tout ce qui sort
De l'ordinaire et tend à pulvériser le décor
A réduire en poussière en quelques actions seulement
Le fonctionnement de la machine parfaite qu'on nous vend

C'est ce que nous voulons, rester aveugle, un mensonge confortable
Des heures entières, un docteur blasé remet le sujet sur la table
Instable, comme tous, aucun de ses patients n'est sain
Celui qui l'est ne peut plus être sauvé, c'est certain

Le ciment n'est pas le problème, le désert ne l'est pas non plus
Et contrairement à ce qu'on disait, il en est revenu
En désordre, anonyme, juste pour duper une nouvelle fois
Les écoles de l'art, de la science et de la foi

Figure-toi, qu'on en a fait tant de contes de fées
Il était juste en train de fumer, enfoncé dans son canapé
Flingué, fiévreux, à refaire le monde et sa vie
Mort de fatigue, à trente ans et quelques nuits

Aujourd'hui, cent ans plus tard, l'orgie est quotidienne
Les rupins se pavanent et paradent de la Vence à la Vienne
La Commune, écrasée, ne revit que les jours d'émeutes
Alors journalistes et écrivains nous tombent dessus en meute

Appellent à ce qu'on nous mate, comme à l'époque
Hier, j'ai vu une haie d'honneur accueillir les kolboks
La BAC et leurs potes sont devenus des héros
J'ai pris un cent-quatorzième rendez-vous chez le docteur Rimbaud

Alors dans le chant des sirènes, sans ménagement
Il répand tout ce qu'il sait et des fois je le comprends
Moi aussi, fut un temps, j'ai longé la Mer du Nord
Et traversé des déserts entre le crépuscule et l'aurore

A maudire le monde entier, en solitaire
les doigts gelés ou le visage buriné par l'astre solaire
C'était y a des paires d'années, loin de la ville
Vivre aujourd'hui m'est devenu plus facile

The Time is Stretching